« Un matin de Septembre, sur le quai du ferry de la Brittany à Saint-Malo, une nouvelle aventure maritime commence… Un nouveau challenge aussi. Nous, marins professionnels, on adore !

Mission : ramener le KASKELOT, armé par son équipage anglais au complet, à Saint-Malo pour nous transmettre le commandement à l’arrivée.

Invités par le commandant du ferry Le Bretagne à la passerelle, nous assistons à la manœuvre d’appareillage de Saint-Malo, puis à celle d’arrivée à Portsmouth. Le boat show de Southampton bat son plein et le KASKELOT (nom d’origine du bateau, qui signifie « cachalot » en danois) est un invité de marque.
Geoffrey (futur Mécanicien), Christian (futur Responsable de la maintenance) et moi-même (futur Capitaine) découvrons la haute mâture du voilier qui s’élance vers le ciel sombre et venteux de la côte sud anglaise…

Nous laissons passer le gros du coup de vent pour appareiller avec la descente du Solent, en route vers Cherbourg et le Raz Blanchard avec le début du jusant. On est revenu chez nous, il fait beau.

Les voiles d’étai sont envoyées, puis les huniers fixes. On prend nos repères dans les innombrables manœuvres de ce trois-mâts barque. Rien de très compliqué, mais il y faut tout de même un peu de monde sur le pont question cordages.

La pleine lune se lève juste avant que le soleil ne se couche. Grand beau temps sur la côte nord bretonne. La nuit sera calme.

Pour la première fois, je prends la barre du KASKELOT et nous faisons voile avec tout dessus à quelques encablures du Cap Fréhel. Grand moment que celui où, sur la proposition de Dan, le Chief Officer anglais, nous tentons un premier virement vent devant. Manœuvre parfaitement synchronisée, les ordres fusent, précis, clairs. Le grand voilier lofe, ralentis, hésite puis vire. Virement de bord réussi !

Respectueux de la tradition maritime, j’y vois un signe de bon augure.

Nous entrerons demain vendredi 28 à Saint Malo, en grande pompe, avec encore, envoyé sur la drisse de corne de brigantine, l’Union Jack. Mais plus pour longtemps. Duguay Trouin apprécierait.

Le bateau va changer de nom dès l’arrivée à quai. Il s’appellera LE FRANÇAIS. On ne peut pas faire plus clair. Un moment probablement difficile pour John, le Capitaine britannique qui nous a si bien reçu. Celui où il devra affaler son pavillon, avant que j’envoie moi-même flotter haut notre pavillon national. Longue vie au FRANÇAIS et que les vents lui soient portants ! » Le Capitaine.